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L'apiculture à l'université

Apiculteur depuis plus de 18 ans à Strasbourg, Jean-Claude Moes choie ses abeilles et ses élèves.

Sa ferme est située en pleine ville, dans le quartier du Neuhof. Apiculteur depuis 18 ans, Jean-Claude Moes, 56 ans, était dans une autre vie directeur régional de Tessi, une société spécialisée dans l’informatique de gestion. Il a quitté son confort financier pour vivre sa passion pour les abeilles. « J’ai dû être piqué », plaisante-t-il.


C’’est en 2006 qu’il a créé sa ferme apicole. Il s’est installé dans une grande maison, transformée en base opérationnelle où il extrait et conditionne son miel. Sa production oscille entre six et dix tonnes par an qu’il vend toute l’année sur les marchés de Broglie et des producteurs, place du Marché-aux-poissons, ainsi que via son site Internet .

 

Sa ferme lui sert de vitrine où il accueille toutes les semaines, au printemps, des groupes scolaires.

 

 

Création cellule royale

 

 

Les abeilles, elles, ne sont pas là !

De novembre à mi-mars, elles résident dans des ruchers d’hivernage dans un domaine privé, près de la forêt du Neuhof. Avec le printemps vient la transhumance. Les abeilles effectuent un circuit en fonction des cycles de pollinisation du châtaignier, du tilleul, etc. Pour produire le fameux miel de sapin, Jean-Claude Moes emmène ses abeilles dans les Vosges.

« Lorsque les acacias sont en floraison, je dépose les abeilles à proximité, explique-t-il. Il faut être rapide car cette période ne dure que quinze jours. » Ces déplacements successifs lui permettent de produire sept variétés de miel.


Chacune des 300 ruches est ainsi transportée trois à quatre fois par an. « Pleines, elles peuvent peser jusqu’à 40 kg, vous imaginez le travail », fait remarquer l’apiculteur. Il faut porter une combinaison, des bottes, des gants et un masque pour limiter les piqûres. Sans totalement les éviter. « Ça m’arrive régulièrement, mais je ne développe plus de réaction allergique, je n’ai plus d’œdèmes. Je travaille même parfois à mains nues », précise-t-il.


Jean-Claude Moes forme une quinzaine d’élèves à l'Université populaire européenne. Des étudiants, pour la plupart des trentenaires, lui viennent en aide pendant l’année comme stagiaires. « Il y a un problème de renouvellement dans la profession, regrette-t-il. Le métier est difficile et attire peu de jeunes. » Pourtant, avec la médiatisation des problèmes de santé des abeilles, dus notamment à l’usage de pesticides, l’apiculteur constate un regain d’intérêt.


Jean-Claude Moes, féru d’économie solidaire, se rend régulièrement en Kabylie pour y assurer des formations. « Au Maghreb, le miel est encore considéré comme un produit de luxe. Ces pays en importent beaucoup au lieu de venir en aide aux apiculteurs locaux », déplore-t-il.

 

Depuis le mois d’avril 2009, il forme à Strasbourg un jeune Camerounais, Dieudonné. Celui-ci transmettra son savoir lorsqu’il rentrera dans son pays natal.

 

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