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L'agriculture intensive, un modèle destructeur

"La pollinisation naturelle, par les abeilles notamment, n'a que peu de chances de survivre face à l'escalade chimique de l'agriculture intensive" : selon Jean-Claude Moes, apiculteur à Strasbourg, il est temps de lutter contre cette politique qui aboutira "à un désert biologique".

Les prochaines élections aux Chambres d'agriculture sont un rendez vous d'importance. En effet, depuis 18 ans, nous pratiquons la même politique. Tout cela pour quoi ? Pour qu'on nous dise qu'il va falloir continuer d'accepter que les revenus tirés de notre exploitation diminuent encore, qu'il va falloir que nous devenions des pluri-actifs, c'est-à-dire avoir des revenus salariés complémentaires à nos revenus agricoles ?

Concernant mon activité apicole, quel est le résultat de cette politique actuelle ? Des milieux naturels qui reculent en grande partie à cause des pratiques agricoles intensives, une augmentation de la monoculture reposant sur une hyper spécialisation et le développement de grandes cultures comme le maïs, remembrement, destructions de haies et prairies naturelles, utilisation massive de pesticides, etc.

L'agriculture intensive est en guerre avec les écosystèmes. Productiviste, elle répond unilatéralement à la présence d'espèces faussement nuisibl! es par des intrants chimiques, là où il serait nécessaire de recréer une harmonie. Cette agriculture a voulu ainsi se libérer des contingences naturelles en repoussant les limites de la biodiversité sauvage. L'escalade chimique qui enrichit les chimistes aboutit immanquablement à un désert biologique, les substances rémanentes se transmettant tout au long de la chaîne alimentaire. La France, 3eme utilisateur mondial de pesticides, continue de faire la part belle à ce modèle agricole destructeur de la biodiversité agricole et... de notre santé !

Risque sanitaire

Les cultures OGM, de plantes qui synthétisent en continu des insecticides ou qui sont conçus pour supporter des traitements herbicides ne sont que la continuation de cette logique. Les insectes pollinisateurs sont un maillon essentiel du vivant puisqu'ils transportent, en butinant, le pollen des fleurs sauvages et cultivées. Les plantes peuvent donc se reproduire et abriter et nourrir ! la faune ; c'est toute la chaîne de la vie jusqu'à l'homme en passant par les vaches, les fruits, les céréales qui dépend de la diversité des insectes pollinisateurs ; 1/3 de l'alimentation humaine dépendrait directement ou indirectement du succès de la pollinisation.

L'abeille pollinise plus de 80% des espèces de plantes ! Mais elles connaissent maintenant, et depuis plusieurs années, des surmortalités records ; les produits « phyto-sanitaires » qui soigneraient les plantes en éradiquant la biodiversité en sont les premiers responsables. Certains insecticides comme le Gaucho ou le Regent ont décimé des milliards d'abeilles.

La disparition de nos abeilles engendrerait un déséquilibre considérables des écosystèmes, induisant des réactions de destructions en chaîne de la biodiversité jusqu'à menacer nos propres ressources, nous amenant à un risque sanitaire sans précédent !

 

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