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Les abeilles qui avaient la bougeotte cette année ont pour la plupart déjà déménagé : la saison des essaimages, démarrée en avril, se termine peu à peu en été. Avec près de 30 interventions pour récupérer des essaims égarés, l'apiculteur neuhofois Jean-Claude Moes n'a pas chômé.

Jean-Claude Moes se pique d'apiculture depuis bientôt 18 ans. (Photo DNA - Cédric Joubert)
A l'été 2005, un essaim d'abeilles avait eu la bonne idée d'élire domicile sur la terrasse d'un café situé place de la Cathédrale. Affolement général, intervention des pompiers, périmètre de sécurité. « Un essaim, c'est toujours la cata pour les riverains. C'est impressionnant et la phobie de l'abeille joue à plein », avance Jean-Claude Moes, l'apiculteur alors appelé à la rescousse. Lui a ramassé l'essaim « avec une balayette et un carton », peinard « en polo à manches courtes ».
Cette année, Jean-Claude est déjà sorti une trentaine de fois pour récupérer des abeilles perdues à Strasbourg ou dans la CUS : « C'est une saison chargée qui se termine. Il devrait y avoir quelques essaimages encore, mais en nombre marginal. Le gros des "déménagements" se fait au printemps ».
«Je ne suis qu'agriculteur et peut-être un peu dingue»
S'il a été, dans une autre vie, directeur régional de Tessi, société spécialisée dans l'informatique de gestion, Jean-Claude se pique d'apiculture depuis bientôt 18 ans. « J'ai tout lâché pour les abeilles. Ça a été une remise en cause complète de ma vie. J'avais des revenus plus élevés quand j'étais cadre, je faisais partie des notables, se souvient-il. Aujourd'hui, j'ai 54 ans, je ne suis qu'agriculteur et peut-être un peu dingue. Mais j'ai réalisé mon rêve et je fais un métier magique ».
Installé depuis 30 ans au Neuhof, l'apiculteur a inauguré au printemps les nouveaux locaux que la Ville lui loue rue des Chanoines-Lux, à 500 m du terrain municipal auparavant occupé sans autorisation.
« Il a fallu 30 000 € de travaux pour convertir les installations de ce dépôt du service Propreté, avance Jean-Claude. Mais l'investissement vaut le coût. Je peux accueillir le public et les scolaires dans de bonnes conditions ».
La ferme permet en sept étapes de découvrir les abeilles, leur habitat, leur travail, la transhumance, puis l'atelier, la chambre chaude - qui maintient les hausses (*) à la température de la ruche, 28 °C - et les deux dernières salles, dans lesquelles le miel passe par un extracteur, un décanteur et un maturateur avant d'être conditionné.
Surmortalité spectaculaire
En revanche, pour voir les abeilles à l'oeuvre, il faut prendre sa voiture. « C'est la transhumance. L'apiculteur suit le cycle des pollinisations pour faire des miels spéciaux. On installe les abeilles dans les pommiers, puis dans le colza, l'acacia, le tilleul, le châtaignier etc. », explique Jean-Claude, tandis qu'il nous emmène voir son rucher d'hivernage, installé en lisière de la forêt du Neuhof.
Ce matin là, tout semble aller comme sur des roulettes. Pourtant outre les difficultés économiques, l'apiculteur fait face lui aussi à une spectaculaire surmortalité de ses bestioles adorées.
« De nouveaux parasites et des insecticides comme le Gaucho ou le Regent TS déciment nos cheptels. L'an dernier, j'ai perdu 30 % de mes abeilles. Certains de mes collègues sont à 80 %. Or, d'ordinaire, la mortalité tourne à 5 ou 10 % maximum », déplore Jean-Claude.
Le problème n'a rien d'accessoire. Albert Einstein a autrefois souligné que « si l'abeille venait à disparaître, l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre. »
(*) Partie amovible de la ruche servant à la récolte du miel. La hausse se compose généralement de cadres équipés d'une feuille de cire permettant aux abeilles de confectionner les rayons dans lesquels elles déposeront le miel récolté.La ferme apicole est ouverte les mardi, jeudi et vendredi, de 14 h à 18 h, au n°2, rue des Chanoines Lux, Strasbourg-Neuhof. Renseignements : Tél: 03 88 39 14 10 ou Tél: 06 80 62 51 94 ou
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Jean-Claude Moes est présent chaque samedi au marché des producteurs, place du Marché-aux-Poissons, de 7 h à 13 h.
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